Six kilomètres de route, un calendrier sous pression
La section Km23–Km29 de la route nationale 24B (QL24B), dans la province de Quảng Ngãi au centre du Vietnam, fait l’objet d’un programme de modernisation approuvé par le Comité populaire provincial en décembre 2025. Le projet porte sur 6,75 km de chaussée à rénover et élargir, classé en projet de Groupe B selon la nomenclature vietnamienne des investissements publics, ce qui implique un suivi renforcé des délais et des budgets.
Les équipes de chantier ont été mobilisées sur le terrain à partir de septembre 2026, avec une consigne claire des autorités provinciales : accélérer le rythme d’exécution pour rattraper les semaines perdues en début de projet. Le budget total engagé pour cette opération reste significatif à l’échelle d’une province de taille moyenne, et les travaux incluent la restructuration complète de la plateforme routière, l’amélioration du drainage et la mise aux normes de la signalisation.
Sur le papier, le calendrier est serré. Les délais contractuels fixés à l’entreprise titulaire du marché ne laissent guère de marge pour des arrêts prolongés. C’est précisément ce qui rend la situation actuelle tendue : les engins sont présents, les matériaux livrés, mais les pelleteuses ne peuvent pas avancer partout.
Des emprises foncières qui bloquent les pelleteuses
Le problème n’est pas technique. Sur la section concernée, plusieurs dizaines de ménages n’avaient pas encore été relogés ou indemnisés à la date de mi-septembre 2026, selon les informations relayées par le quotidien Lao Dong. Ces foyers occupent des parcelles situées directement dans l’emprise des travaux, ce qui rend toute intervention physique impossible sans engager une procédure d’expulsion — une option que les autorités locales souhaitent éviter.
Le taux de libération des emprises foncières, à cette même date, restait inférieur aux seuils nécessaires pour permettre un avancement continu du chantier sur l’ensemble de la section. Concrètement, cela signifie que les équipes travaillent par tronçons discontinus, ce qui pénalise la logistique, gonfle les temps de déplacement des engins et complique la coordination entre les différents corps de métier.
Les indemnisations en cours suivent la procédure réglementaire vietnamienne : estimation des biens, notification aux propriétaires, délai de contestation, puis versement. Cette séquence prend du temps, surtout lorsque certains ménages contestent les montants proposés ou attendent des solutions de relogement adaptées. Aucune situation de blocage exceptionnel n’a été signalée, mais l’accumulation de dossiers en attente suffit à ralentir mécaniquement l’avancée du génie civil.
Ce que le Comité populaire provincial a décidé pour débloquer la situation
Face à ce blocage partiel, le Comité populaire de la province de Quảng Ngãi a pris des mesures directes en septembre 2026. Les communes traversées par le tracé ont reçu des délais précis pour finaliser les procédures d’indemnisation et de relogement encore ouvertes. Ces délais ne sont pas indicatifs : les responsables communaux ont été clairement informés de leur obligation de résultat.
Les services fonciers provinciaux ont été chargés de missions d’urgence pour accélérer l’instruction des dossiers individuels. En pratique, cela se traduit par des équipes dédiées qui se déplacent directement auprès des ménages concernés, plutôt que d’attendre que ceux-ci se manifestent auprès des guichets administratifs. Ce type de démarche proactive réduit les délais de traitement sur des cas qui stagnent souvent faute de suivi.
Les sources officielles mentionnent également un mécanisme de coordination renforcée entre le maître d’ouvrage délégué, les autorités communales et l’entreprise de travaux, avec des points de situation hebdomadaires. L’objectif affiché est de libérer l’intégralité des emprises restantes dans les semaines suivant la décision, pour permettre une reprise du chantier sur l’ensemble du linéaire avant la fin du quatrième trimestre 2026.
Pourquoi cette portion de route compte autant pour la province
La QL24B assure une liaison structurante entre les zones de plaine côtière et les districts montagnards de Quảng Ngãi. Pour des milliers d’habitants des communes desservies, cette route est le seul axe praticable pour rejoindre les marchés, les établissements de santé et les services administratifs du chef-lieu. L’état dégradé de la chaussée sur la section Km23–Km29 se traduit au quotidien par des temps de trajet allongés, des risques d’accident sur revêtement détérioré et des coûts d’entretien élevés pour les véhicules utilitaires légers.
Les activités agricoles et forestières de la zone dépendent directement de la praticabilité de cet axe pour écouler leur production vers les zones de consommation urbaines. Un camion de marchandises qui évite le tronçon dégradé doit rallonger son itinéraire de plusieurs dizaines de kilomètres, ce qui pèse sur les marges des exploitations locales.
Une fois les travaux livrés, la modernisation de ce tronçon améliorera la vitesse commerciale autorisée, sécurisera les dépassements sur une chaussée élargie et réduira les coupures dues aux glissements de terrain lors des saisons de pluie — un phénomène récurrent dans cette partie du centre Vietnam. Pour les collectivités locales, c’est aussi une condition pour attirer des investisseurs industriels qui, jusqu’ici, hésitent à s’implanter dans des zones mal desservies par le réseau routier national.