Un chantier officiellement classé urgence depuis mars 2026
Les travaux de certains tronçons du Périphérique 2,5 de Hanoï — connu en vietnamien sous le nom de Vành đai 2,5 — ont été officiellement lancés le 20 mars 2026. Dès le départ, le Comité populaire de la ville a classé ce projet en chantier d’urgence, une désignation administrative qui débloque des procédures accélérées et mobilise des ressources supplémentaires hors du calendrier habituel de la maîtrise d’ouvrage publique.
Le 9 septembre 2026, plusieurs médias vietnamiens — dont Baotintuc, Cafef et Tien Phong — ont relayé une annonce officielle des autorités municipales : les équipes de chantier ont reçu l’instruction d’accélérer les cadences sur les sections ciblées pour tenir l’échéance du 10 octobre 2026. Cette date correspond à l’anniversaire de la libération de Hanoï, ce qui lui confère un poids politique et symbolique que personne, côté institutionnel, ne cherche à minimiser.
Le statut d’urgence n’est pas une formalité. Il autorise notamment les maîtres d’œuvre à travailler en continu, y compris la nuit et les jours fériés, et simplifie certains passages administratifs liés aux autorisations de voirie. C’est précisément ce dispositif qui est activé depuis plusieurs semaines sur les sections concernées.
Quels tronçons sont visés par cette échéance
Le Périphérique 2,5 est une rocade intermédiaire destinée à relier plusieurs arrondissements du cœur de Hanoï sans passer par le périphérique 3, plus extérieur. Les tronçons prioritaires visés par l’ouverture du 10 octobre traversent notamment les zones situées entre les arrondissements de Thanh Xuân, Hoàng Mai et Hai Bà Trưng, des secteurs parmi les plus denses et les plus encombrés de la capitale vietnamienne.
La longueur exacte des sections concernées par cette échéance partielle n’a pas été précisée de façon chiffrée dans les communiqués officiels disponibles au 9 septembre. Les autorités évoquent plusieurs tronçons distincts, dont certains étaient déjà en cours de finition de chaussée, d’autres encore en phase de pose de revêtement ou d’installation de signalisation. L’état d’avancement réel variait donc d’une section à l’autre au moment de l’annonce.
L’ouverture annoncée sera partielle : il ne s’agit pas de mettre en service l’intégralité du Vành đai 2,5, un projet qui couvre au total une distance bien plus longue et dont plusieurs segments sont encore en phase de conception ou d’acquisition foncière. L’objectif au 10 octobre porte uniquement sur les sections jugées techniquement prêtes ou très proches de l’être.
Le 10 octobre comme date-cible : symbolique et pression politique
Le 10 octobre n’est pas une date choisie au hasard dans un calendrier de chantier. C’est l’anniversaire de la libération de Hanoï en 1954, l’une des commémorations les plus importantes du calendrier civique vietnamien. Livrer une infrastructure urbaine à cette date revêt une charge symbolique forte : c’est un signal adressé autant aux habitants qu’aux instances du Parti et du gouvernement central.
Concrètement, cette symbolique se traduit par une pression très réelle sur les entreprises de travaux et les ingénieurs en charge du suivi. Les équipes travaillent en équipes alternées, parfois vingt-quatre heures sur vingt-quatre sur les sections les plus avancées, pour gratter chaque jour disponible d’ici à la date butoir. Ce type d’organisation en continu augmente les coûts opérationnels, mais c’est précisément l’une des conséquences du classement en chantier d’urgence : les surcoûts liés au travail de nuit et aux cadences accélérées sont anticipés et acceptés.
La pression institutionnelle pèse également sur les districts concernés, dont les responsables sont tenus de rendre compte régulièrement de l’avancement à la mairie centrale. Ce type de suivi hebdomadaire, voire bihebdomadaire, est courant dans les projets classés prioritaires à Hanoï, où le Comité populaire dispose d’un pouvoir d’injonction direct sur les maîtres d’ouvrage publics.
La congestion chronique qui justifie cette urgence
Pour comprendre pourquoi ce projet est traité avec une telle intensité, il faut regarder la carte du trafic de Hanoï. La capitale vietnamienne accueille aujourd’hui plus de 8 millions d’habitants officiels, avec une densité de circulation qui place certains axes parmi les plus saturés d’Asie du Sud-Est aux heures de pointe. Les arrondissements de Hoàng Mai, Thanh Xuân et Hai Bà Trưng — précisément ceux que traverse le Vành đai 2,5 — concentrent à la fois des zones résidentielles denses et des couloirs de transit vers le centre.
Le réseau de voirie existant dans ce secteur repose largement sur des axes radiaux convergents vers le centre historique. L’absence de rocade intermédiaire force une majorité des déplacements de transit à passer par des artères urbaines déjà saturées, comme la rue Minh Khai ou le boulevard Giải Phóng. Le résultat est une congestion structurelle qui dure plusieurs heures par jour, avec des temps de parcours qui peuvent tripler par rapport aux périodes creuses sur des distances inférieures à cinq kilomètres.
L’ouverture de ces tronçons du Périphérique 2,5 offrirait une alternative de contournement pour une partie des véhicules qui traversent actuellement ces zones. L’effet de délestage ne sera pas immédiat ni spectaculaire — aucun tronçon unique ne résout à lui seul la congestion d’une métropole de cette taille — mais l’apport concret pour les riverains serait mesurable dès les premières semaines de circulation.
Ce qui reste à faire avant la livraison
Au 9 septembre 2026, les autorités municipales reconnaissaient elles-mêmes que le calendrier restait serré. Plusieurs points de blocage ont été identifiés publiquement : des travaux de finition de chaussée non terminés sur au moins deux sections, des délais dans la pose de la signalisation horizontale et verticale, et sur certains tronçons, des raccordements aux réseaux d’eaux pluviales encore en attente de validation technique.
L’acquisition foncière résiduelle constitue le risque de retard le plus souvent cité dans ce type de projet urbain vietnamien. Quelques propriétés situées dans l’emprise de certains tronçons n’avaient pas encore fait l’objet d’un accord de relogement définitif à la date de l’annonce. Les autorités de district compétentes ont été sommées de finaliser ces dossiers en priorité absolue.
Les responsables municipaux ont annoncé le déploiement de moyens supplémentaires : augmentation du nombre d’engins de compactage, mobilisation de brigades de balisage et de signalisation travaillant indépendamment des équipes de terrassement, et affectation de superviseurs techniques permanents sur chacun des tronçons critiques. Ces engagements chiffrés — formulés lors de réunions de chantier retranscrites dans la presse locale — visent à démontrer que la date du 10 octobre reste accessible. Reste à voir si la réalité du terrain confirmera cette lecture optimiste dans les semaines à venir.