Le 12 septembre 2026, les pelleteuses ont officiellement commencé à déplacer la terre dans les communes de Nguyễn Trãi et Ân Thi, dans la province de Hưng Yên. Ce jour-là, les groupes Tân Á Đại Thành et MEYGROUP ont lancé la construction de MEYINPARK, parc industriel classé numéro 15 dans la province, sur une surface de 199 hectares. Un investissement total de 2 842 milliards de VND est annoncé pour le projet, soit l’équivalent d’environ 115 millions d’euros au taux de change en vigueur à l’automne 2026.
Une cérémonie officielle le 12 septembre pour marquer le début des travaux
La cérémonie de lancement a réuni des représentants des deux groupes porteurs, des autorités provinciales de Hưng Yên et des responsables administratifs des communes concernées. Plusieurs médias vietnamiens — dont Dantri, VTCNews et Laodong — ont couvert l’événement et confirmé la tenue de la cérémonie ce même jour. Les sources publiées entre le 12 et le 16 septembre 2026 concordent sur tous les chiffres clés.
La localisation du chantier couvre deux communes rurales distinctes : Nguyễn Trãi et Ân Thi, toutes deux situées dans le district d’Ân Thi, à l’est de la province. Ce choix géographique n’est pas anodin : le district d’Ân Thi dispose encore de foncier agricole mobilisable, contrairement aux zones proches de Hưng Yên ville où les terrains disponibles se font rares. L’acte officiel signé ce 12 septembre valide à la fois le démarrage des travaux de terrassement et le cadre juridique du projet d’investissement.
Tân Á Đại Thành et MEYGROUP, les deux groupes derrière le projet
Tân Á Đại Thành est un groupe vietnamien fondé en 1994, dont le cœur de métier historique est la fabrication de produits en acier inoxydable, de matériaux de construction et de systèmes d’eau. Au fil des années, le groupe a élargi son périmètre vers l’immobilier industriel, en développant ou en participant à plusieurs projets de zones industrielles dans le nord du Vietnam. Sa capacité à mobiliser des capitaux domestiques importants sur des projets de long terme en fait un acteur reconnu dans ce secteur.
MEYGROUP est le partenaire international du montage. Ce groupe d’investissement, actif dans le développement de parcs industriels en Asie du Sud-Est, apporte une expertise en ingénierie des zones d’activité et en commercialisation auprès d’entreprises étrangères. L’association des deux entités combine donc un ancrage local solide et une capacité à attirer des locataires ou investisseurs internationaux. Ce type de montage en coentreprise est devenu courant dans les nouvelles zones industrielles vietnamiennes depuis 2020, où les autorités encouragent les partenariats mixtes pour accélérer les mises en service.
199 hectares, 2 842 milliards de VND : ce que prévoit concrètement le parc n°15
Avec 199 hectares bruts, MEYINPARK se situe dans la fourchette des parcs industriels de taille intermédiaire dans la région du delta du fleuve Rouge. La surface nette locative, une fois déduites les voiries internes, les espaces verts réglementaires et les infrastructures mutualisées, sera nettement inférieure — généralement entre 60 % et 70 % de la superficie totale dans ce type de projet au Vietnam, soit autour de 120 à 140 hectares effectivement commercialisables.
L’enveloppe de 2 842 milliards de VND (environ 115 millions d’euros) couvre les travaux de viabilisation, le raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité et de télécommunications, ainsi que la construction des voies d’accès principales. Les secteurs industriels ciblés n’ont pas encore été communiqués en détail dans les sources disponibles au moment de la cérémonie, mais la vocation du parc semble orientée vers les industries légères et les PME manufacturières, conformément au profil habituel des nouveaux parcs de la province. Le calendrier de livraison des premières parcelles n’a pas été précisé publiquement lors du lancement.
Hung Yen, province déjà dense en zones industrielles, accueille un site supplémentaire
Hưng Yên figure parmi les provinces les plus industrialisées du nord du Vietnam. Sa position géographique — bordant Hanoï à l’est, traversée par l’autoroute 5A reliant la capitale à Hải Phòng — en fait une destination naturelle pour les investisseurs cherchant à s’implanter dans l’orbite de la capitale sans en payer les prix fonciers. La province accueille depuis les années 2000 des parcs industriels qui ont progressivement rempli les zones proches des grands axes.
L’arrivée d’un quinzième parc industriel dans la province traduit deux réalités simultanées : les parcs existants les mieux positionnés affichent des taux d’occupation élevés, parfois supérieurs à 90 %, ce qui pousse les développeurs à chercher de nouveaux terrains ; et les autorités provinciales maintiennent une politique active d’attraction des investissements directs étrangers (IDE), avec des objectifs chiffrés annuels. Hưng Yên a attiré plus de 3 milliards de dollars d’IDE cumulés dans ses zones industrielles au cours des dix dernières années, selon les données du Comité de gestion des zones industrielles de la province.
Quels enjeux pour les communes de Nguyễn Trãi et Ân Thi
L’implantation d’un parc de 199 hectares sur des communes rurales implique mécaniquement une conversion de terres agricoles. Dans le district d’Ân Thi, les terres rizicoles constituent encore une part significative du foncier. Le processus de compensation et de relogement des ménages concernés, encadré par la loi foncière vietnamienne révisée en 2024, doit garantir aux familles expropriées un accès à des terrains de substitution ou à une indemnisation calculée sur la valeur de marché.
Sur le plan économique local, les promoteurs du projet avancent des créations d’emplois directes et indirectes comme argument central. Ce type de parc industriel de taille intermédiaire génère habituellement, en phase de maturité, entre 15 000 et 25 000 emplois manufacturiers sur l’ensemble des parcelles occupées — un chiffre à prendre avec prudence tant que les entreprises locataires ne sont pas identifiées. Pour des communes comme Nguyễn Trãi et Ân Thi, dont la population active travaille aujourd’hui en grande partie dans l’agriculture ou effectue des migrations pendulaires vers Hanoï, l’accès à un emploi industriel à proximité peut modifier en profondeur les modes de vie locaux. La question des équipements publics — logements, écoles, transports — pour absorber une main-d’œuvre attirée par le site reste à suivre dans les prochaines phases du projet.