Sue-Hellen Rivera, de Longueuil, se retrouve avec une maison inachevée depuis la mort subite, le 27 août 2026, d’Éric Benoit, directeur de Covem Construction et entrepreneur général de son chantier. Elle a déjà versé 270 000 $ à l’entreprise, selon CTV News. Parce qu’une maison se trouvait déjà sur son terrain avant l’incendie, son projet est traité comme une rénovation, et la garantie automatique que la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) prévoit pour les nouvelles constructions ne s’applique pas.
Du sinistre à l’arrêt du chantier
Le 8 mai 2024, la maison de la rue Wolfe, à Longueuil, est totalement détruite par un incendie. Depuis 2021, Mme Rivera y avait investi environ 70 000 $ en rénovations. Elle a ensuite attendu près d’un an pour obtenir un permis de démolition.
La reconstruction démarre en janvier 2026 et s’arrête en août de la même année, avec le décès de M. Benoit. Le bureau de Covem Construction à Longueuil affiche « temporairement fermé » et les appels ne sont plus acheminés, selon les sources citées par les médias (CTV News, TVA Nouvelles, Noovo Info, Le Courrier du Sud).
Pourquoi la garantie de la RBQ ne joue pas
La RBQ offre une couverture d’assurance automatique pour une nouvelle construction. Ici, la maison détruite par le feu occupait déjà le terrain : le projet est donc classé comme une rénovation, et cette protection ne s’applique pas. Selon les sources, ce classement tient à la présence antérieure du bâtiment, même si celui-ci a brûlé au complet.
Les sources ne donnent aucun montant ni plafond de garantie. Pour savoir ce qui s’applique à un projet précis, la qualification (nouvelle construction ou rénovation) est la variable à faire confirmer par la RBQ ou par l’entrepreneur, par écrit, avant de signer.
Un contrat qui survit à l’entrepreneur
« Légalement, je suis toujours liée à eux par un contrat, et je dois donc m’occuper des travaux moi-même », a déclaré Mme Rivera. Il s’agit de sa lecture de la situation, pas d’une analyse juridique. Elle illustre toutefois un point à examiner dans tout contrat : ce qui arrive aux obligations des deux parties si l’entrepreneur ou son entreprise disparaît en cours de route.
270 000 $ ou 90 000 $ : deux chiffres, une seule histoire
CTV News rapporte que Mme Rivera a versé 270 000 $ à l’entreprise. TVA Nouvelles parle plutôt de 90 000 $ disparus. Les sources n’expliquent pas précisément l’écart. Une hypothèse plausible : les 90 000 $ correspondraient à des sommes versées sans travaux équivalents, alors que les 270 000 $ seraient le total payé. Mais aucune source ne le confirme, et il ne faut pas le tenir pour établi.
Cet écart possible entre l’argent versé et l’avancement réel du chantier est justement ce qu’un propriétaire peut surveiller de son côté.
Des signaux d’alerte qui existaient
Selon l’Association québécoise des professionnels de la construction résidentielle, Covem Construction a été nommée dans 9 poursuites judiciaires depuis le début de l’année 2026. Rien n’indique, dans les sources, que Mme Rivera en avait connaissance avant de signer ni quand ces poursuites ont été déposées.
Ce type d’information se vérifie avant de s’engager : on peut interroger la RBQ sur l’entreprise et son titulaire de licence, et consulter le plumitif des tribunaux pour voir si l’entreprise y est nommée.
La suite : doubles quarts et chantier maison
Mme Rivera, infirmière, vit chez sa mère et enchaîne les doubles quarts de travail. Elle effectue des travaux entre deux quarts à l’hôpital, et ses deux prochaines semaines de vacances iront au chantier. Avec ses amis et sa famille, elle réalise elle-même le plus de travaux possible : elle a posé le carrelage des deux salles de bain et peint la maison avec un ami.
Elle prévoit de poursuivre Covem en justice, mais seulement une fois qu’elle aura réuni assez d’argent pour terminer la maison. Le résultat d’une telle poursuite n’est pas garanti.
À vérifier sur votre propre chantier
- La qualification du projet : nouvelle construction ou rénovation ? Si un bâtiment existait sur le terrain au départ, même détruit, votre projet pourrait être classé en rénovation. Faites-le confirmer avant de verser quoi que ce soit.
- Les versements : comparez ce qui a été payé avec ce qui est réellement construit. Avant tout nouveau paiement, demandez quels travaux il correspond.
- Le contrat : cherchez les clauses sur la résiliation, le décès ou l’insolvabilité de l’entrepreneur, et sur ce qu’il advient des sommes déjà versées.
- L’entreprise : licence RBQ, poursuites en cours, joignabilité du bureau.
En cas de doute sur la portée d’un contrat ou d’une protection, un avocat ou la RBQ restent les interlocuteurs pour trancher.