Vous est-il déjà arrivé de rester bloqué devant une vis récalcitrante, tournevis à la main, sans savoir dans quel sens tourner ?
Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul. Ce geste, pourtant basique, peut semer la confusion. Et pour cause : s’il existe une règle générale, il y a aussi quelques exceptions bien piégeuses. Aujourd’hui, on met les pendules à l’heure – ou plutôt, au bon sens de rotation.
Pourquoi tourne-t-on généralement à gauche pour dévisser ?
Commençons par la base : dans la majorité des cas, dévisser signifie tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Cette règle universelle repose sur une logique mécanique : la plupart des vis ont un filetage à droite, c’est-à-dire qu’elles se serrent quand on tourne à droite.
Et puisqu’on ne peut pas serrer indéfiniment, le mouvement inverse, vers la gauche, sert à les libérer Cette convention n’a rien d’un hasard. Dès le XIXᵉ siècle, les ingénieurs ont choisi le filetage à droite pour uniformiser la production et éviter les erreurs.
Résultat : plus de 90 % des vis et boulons que vous croiserez dans votre vie suivent ce principe.
Tourner à gauche pour dévisser, c’est donc devenu une sorte de réflexe mondialement adopté.
Un petit moyen mnémotechnique ? Pensez à la phrase : “Droite pour serrer, gauche pour desserrer.”
Et si vous visualisez une montre, imaginez que tourner dans le sens inverse des aiguilles revient à “ouvrir” le mouvement.
Pourquoi a-t-on choisi ce sens et pas l’inverse ?

La réponse est à la fois mécanique et humaine. Les études d’ergonomie ont montré que plus de 85 % des personnes sont droitières, et qu’il est plus naturel pour elles de pousser vers la droite pour exercer de la force.
Tourner une clé ou un tournevis dans ce sens favorise la puissance et la stabilité. D’un point de vue technique, un filetage à droite permet aussi une meilleure résistance aux vibrations.
Les mouvements du moteur d’une voiture, par exemple, auraient tendance à “resserrer” une vis filetée à droite plutôt qu’à la dévisser accidentellement. C’est donc un choix à la fois pratique, sécuritaire et universel.
Mais attention : la nature adore les exceptions. Et dans le monde du bricolage, il y en a quelques-unes qui ont de quoi dérouter même les plus aguerris.
Y a-t-il des exceptions au sens de dévissage ?
Oh que oui ! Certaines vis et certains boulons sont dotés d’un filetage inversé, aussi appelé “pas à gauche”. Autrement dit, pour les dévisser, il faut… tourner à droite ! De quoi troubler les esprits et parfois ruiner un filetage si on force sans réfléchir.
Mais pourquoi diable inverser le sens ? Tout simplement parce que dans certaines situations, un filetage standard se déferait tout seul sous l’effet de la rotation.
Prenez la pédale gauche d’un vélo : elle tourne naturellement vers l’avant, donc si son pas était classique, elle se dévisserait à chaque coup de pédale.
Le pas inversé empêche précisément cela.
On retrouve le même principe sur certains raccords de bouteilles de gaz, sur des lames de tondeuse, ou encore dans l’industrie aéronautique.
Ces inversions évitent des désassemblages accidentels potentiellement dangereux. Pour les reconnaître, regardez bien : un filetage inversé est souvent marqué d’un petit “L” ou d’une rainure diagonale sur la tête de vis.
Et entre une vis et un boulon, c’est pareil ?

La règle reste globalement la même. Que vous ayez affaire à une vis plantée dans du bois ou à un boulon traversant deux pièces métalliques, le sens du dévissage reste anti-horaire dans 95 % des cas.
Mais la façon de s’y prendre diffère légèrement selon l’outil et la situation.
Pour une vis classique :
- Assurez-vous que le tournevis est bien enfoncé dans l’empreinte, sans jeu.
- Tournez lentement vers la gauche, en gardant une pression constante.
- Si ça coince, ne forcez pas : un peu d’huile pénétrante ou de WD-40 peut sauver la mise.
Pour un boulon, la technique se joue souvent à deux : une main pour tenir l’écrou, l’autre pour tourner la clé. Ici, la clé tourne vers la gauche pour desserrer, sauf filetage inversé bien sûr.
Et si le boulon semble soudé par la rouille ? Essayez un petit coup sec de marteau ou chauffez la zone avec un décapeur thermique. La dilatation du métal peut suffire à le libérer.
Comment éviter d’abîmer une vis en forçant ?
Rien de pire qu’une vis abîmée par excès de zèle. Si vous forcez dans le mauvais sens ou sans maintien suffisant, vous risquez de foirer la tête ou d’endommager le pas de vis. Et là, bonjour les galères pour la retirer…
Voici quelques astuces simples pour éviter les catastrophes :
- Choisissez un outil adapté à la taille et à la forme de la vis (cruciforme, plate, torx…)
- Assurez-vous que la vis est bien alignée avec l’outil : l’angle compte plus qu’on ne le croit.
- En cas de résistance, alternez des micro-mouvements de va-et-vient pour casser les dépôts de rouille.
- Si la tête est abîmée, utilisez un extracteur de vis : un petit bijou pour bricoleurs avertis.
Une étude du fabricant Bosch a montré que près de 30 % des incidents de vissage sont liés à un mauvais choix d’embout. Autant dire qu’une simple vérification avant de commencer peut vous éviter bien des tracas.
Comment retenir tout ça sans y penser ?

Le cerveau adore les repères visuels. Imaginez toujours la rotation d’une montre : visser = suivre les aiguilles, dévisser = les contrarier. Vous pouvez aussi vous rappeler la formule mnémotechnique “droite serré, gauche desserré”, un classique indémodable.
Et pour les exceptions, pensez au mot “Logique inversée” :
– “L” pour “Left” (gauche)
– “L” pour “logique inversée”
C’est une astuce simple pour se souvenir que certaines vis tournent dans l’autre sens.
Enfin, si vous débutez dans le bricolage, notez qu’il existe de petits indicateurs de sens sur certains outils modernes : flèches sur les tournevis électriques, ou symboles “+ / –” sur les clés dynamométriques. De quoi vous épargner bien des doutes avant de forcer.
Que faire face à une vis ou un boulon bloqué ?
Ah, la fameuse vis qui refuse de bouger. Celle qui vous fait douter de vos talents de bricoleur… ou de vos biceps. Avant de sortir la perceuse, il existe plusieurs solutions moins radicales.
- Appliquez un peu de lubrifiant dégrippant et laissez agir quelques minutes.
- Donnez un petit coup sec dans le sens du serrage pour “détendre” le filetage, avant de dévisser.
- Utilisez un tournevis à frapper ou une clé à chocs si la vis est très serrée.
- Et en dernier recours, chauffez la zone au chalumeau pour dilater le métal.
Petite anecdote : dans les ateliers mécaniques, certains techniciens plaisantent en disant qu’il faut parfois “parler gentiment à la vis” avant de la convaincre de bouger. La patience, plus que la force, est souvent votre meilleure alliée.
En résumé : quel sens pour dévisser sans se tromper ?
Pour conclure, souvenez-vous de ces quelques règles d’or :
| Type de fixation | Pour serrer | Pour desserrer |
|---|---|---|
| Vis standard | Vers la droite (horaire) | Vers la gauche (anti-horaire) |
| Boulon standard | Vers la droite | Vers la gauche |
| Filetage inversé | Vers la gauche | Vers la droite |
En bref, gauche pour dévisser, droite pour visser, à moins d’indication contraire. Et si le doute persiste, un simple regard attentif au filetage ou un test léger vous dira tout de suite si vous êtes dans le bon sens.
Alors, la prochaine fois que vous attraperez un tournevis, rappelez-vous : la mécanique n’est pas qu’une question de force, mais aussi de sens. Et ce sens, vous venez de l’acquérir.