Le débat s’est déplacé. Pendant vingt ans, le choix entre bloc béton et terre cuite se tranchait sur la performance thermique de la paroi.
Depuis la RE2020, il se tranche d’abord sur un plafond carbone réglementaire, l’Icconstruction, qui descend par paliers jusqu’en 2031.
Le même DTU couvre les deux matériaux
Première chose à écarter : il n’existe pas de norme d’exécution propre à la brique et une autre au parpaing. Les deux relèvent du NF DTU 20.1, « Travaux de bâtiment, ouvrages en maçonnerie de petits éléments, parois et murs », dont les quatre parties ont été publiées le 3 juillet 2020.
Son périmètre couvre indifféremment les blocs de béton, les briques de terre cuite, le béton cellulaire et la pierre. Une partie mérite d’être connue de tout maître d’ouvrage, la P1-2, intitulée « critères généraux de choix des matériaux ».
Autrement dit, la qualité de mise en œuvre ne dépend pas du matériau retenu mais du respect du même référentiel.
C’est ce qui permet à un constructeur de travailler avec les deux selon le projet, comme Coval Construction, qui bâtit du sur-mesure en Loire-Atlantique depuis plus de 35 ans, sans modèle imposé ni catalogue.
Le plafond carbone, nouveau juge de paix

La RE2020 impose que l’indicateur Icconstruction d’un bâtiment ne dépasse pas une valeur maximale. Pour les maisons individuelles ou accolées, le guide du ministère chargé du Logement fixe la trajectoire suivante :
2022 à 2024 : 640 kg éq. CO2/m²
2024 à 2027 : 530 kg éq. CO2/m²
2028 à 2030 : 475 kg éq. CO2/m²
à partir de 2031 : 415 kg éq. CO2/m²
Un permis déposé aujourd’hui vise donc 530, et un projet conçu pour 2028 devra tenir 475. Le plafond se resserre de 26 % entre le premier palier et celui de 2028, ce qui suffit à disqualifier des systèmes constructifs qui passaient sans effort en 2022.
Ce plafond n’est pas appliqué brut. Il est modulé par une série de coefficients qui tiennent compte des combles aménagés, de la surface moyenne des logements, de la surface de référence, de l’impact des fondations et des sous-sols, de la voirie et des réseaux, de la zone géographique, des panneaux photovoltaïques et du recours à des données environnementales par défaut.
Ce dernier point est décisif dans un comparatif brique contre parpaing.
Comparer sur les FDES, pas sur un lambda générique
Les tableaux de conductivité thermique que l’on trouve en ligne donnent des fourchettes par famille de matériau. Ces valeurs ne servent à rien dans un calcul réglementaire, parce que la RE2020 raisonne produit par produit.
La référence est la base INIES, base de données nationale des données envronnementales et sanitaires des produits et équipements de la construction.
Elle héberge les FDES, fiches de déclaration environnementale et sanitaire, et les PEP pour les équipements.
Trois conséquences pratiques :
Deux blocs béton de fabricants différents n’ont pas le même bilan carbone, et l’écart peut dépasser celui qui sépare un bloc d’une brique.
Un produit sans FDES spécifique est évalué avec des données par défaut, pénalisantes, même si le coefficient Mided compense partiellement ce manque.
Le transport entre l’usine et le chantier entre dans le calcul, ce qui avantage mécaniquement une filière implantée près du projet.
La bonne question à poser à son constructeur n’est donc pas « brique ou parpaing », mais « quelle référence produit, avec quelle FDES, et à quelle distance produite ».
La perméabilité à l’air, désormais mesurée après travaux

La RE2020 a ajouté deux vérifications obligatoires en fin de chantier pour l’habitation, et elles concernent directement la maçonnerie.
La première porte sur la perméabilité à l’air de l’enveloppe sous 4 Pa. L’exigence est de 0,6 m³/(h.m²) pour une maison individuelle, contre 1 pour un logement collectif.
La seconde porte sur le système de ventilation, avec une mesure de ses performances réalisée par une personne reconnue compétente par le ministre chargé de la construction.
Si le système ne respecte pas le protocole, le maître d’ouvrage doit le remettre en conformité.
Le matériau ne fait pas l’étanchéité à lui seul. Les points de fuite se concentrent sur les jonctions, les traversées de gaines et les liaisons mur-plancher, c’est-à-dire sur la qualité de mise en œuvre et sur l’enduit intérieur, quel que soit le bloc.
Ce que le PLU peut imposer par-dessus
Un dernier filtre, souvent découvert tard. Le plan local d’urbanisme de votre commune renseigne l’aspect extérieur du bâtiment, au même titre que l’implantation, la hauteur et la surface constructible.
Il peut donc restreindre les finitions, les teintes d’enduit ou les parements admis, ce qui influe indirectement sur le système constructif retenu. Cette lecture se fait en mairie, avant l’arbitrage matériaux.
Le comparatif n’est plus générique

Brique et parpaing partagent le même DTU, la même exigence de perméabilité et le même plafond carbone. Ce qui les distingue en 2026 se lit sur une FDES, pas dans un tableau de famille de matériaux.
Un projet qui vise 530 kg éq. CO2/m² aujourd’hui et 475 dans deux ans a intérêt à faire ce calcul au moment de l’esquisse, quand changer de système constructif ne coûte encore qu’une ligne sur un plan.