Déduire les travaux de rénovation d’un appartement loué : ce qui passe, et à quel régime

Les questions: Peut-on déduire de ses revenus le montant des travaux engagés pour la rénovation de son appartement à louer ? - 01 02

Oui, vous pouvez déduire vos travaux, mais à une double condition : le logement doit être loué nu, et vous devez relever du régime réel (déclaration 2044). Au micro-foncier, aucune dépense de travaux n’est déduite pour son montant réel : l’administration applique un abattement forfaitaire de 30 % sur vos loyers, quoi que vous ayez dépensé. Autre point d’actualité : la loi de finances pour 2026 a prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 le doublement du plafond de déficit foncier pour certains travaux de rénovation énergétique, ce qui peut peser sur le calendrier d’un chantier.

Micro-foncier ou régime réel : ce que changent vos travaux

Tout se joue sur le régime d’imposition. Le micro-foncier est accessible si vos loyers annuels sont inférieurs à 15 000 € : vous déclarez vos loyers bruts, l’abattement de 30 % s’applique, et c’est tout. Le régime réel est obligatoire au-delà de 15 000 € de loyers, ou sur option. C’est le seul qui permet de déduire vos charges réelles, travaux compris, poste par poste.

Le critère pratique est simple : additionnez vos charges déductibles de l’année (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurances, frais de gestion) et comparez-les à 30 % de vos loyers. Au-dessus de ce seuil, le réel devient plus intéressant que l’abattement. Un gros chantier fait presque mécaniquement franchir cette barre ; une simple remise en peinture, non.

Attention au verrou : sous les 15 000 € de loyers, vous pouvez opter pour le réel, mais l’option est irrévocable pendant 3 ans. Si vous prévoyez des travaux lourds cette année et rien les années suivantes, mesurez ce que vous perdrez en renonçant à l’abattement forfaitaire sur la durée d’engagement. Si votre bien se trouve dans une zone où des aides locales existent, les subventions de travaux disponibles en Moselle ou ailleurs entrent aussi dans le calcul de votre budget, à vérifier selon votre situation.

Quels travaux se déduisent, lesquels sont exclus

Sont déductibles les travaux de réparation, d’entretien et d’amélioration d’un logement d’habitation. Les exemples retenus :

  • réfection de toiture ;
  • remplacement d’une chaudière ;
  • travaux d’isolation ;
  • mise aux normes électriques ;
  • ravalement de façade ;
  • remplacement de fenêtres ;
  • rénovation d’une cuisine ou d’une salle de bain existante.

Ne sont pas déductibles des loyers les dépenses de construction, de reconstruction et d’agrandissement. La frontière est là : refaire ou améliorer l’existant passe ; créer de la surface ou rebâtir ne passe pas. Si votre chantier mélange les deux (une salle de bain refaite et une extension, par exemple), il faut ventiler les factures entre ce qui relève de l’amélioration et ce qui relève de l’agrandissement.

Cas des bricoleurs : quand vous faites les travaux vous-même, seul le coût des matériaux est admis. La valeur de votre travail personnel ne se déclare pas. Conservez donc les factures de fournitures, car le montant déductible se limite à elles.

Quand les travaux dépassent les loyers : le déficit foncier

Au régime réel, si vos charges (travaux inclus) dépassent vos loyers, vous créez un déficit foncier. Une partie s’impute sur le revenu global, dans la limite de 10 700 €. C’est là que se situe l’enjeu financier d’un gros chantier : au-delà de l’effacement des loyers imposables, le déficit peut venir réduire votre revenu imposable d’ensemble.

L’excédent qui dépasse le plafond n’est pas perdu : il est reportable. La recherche indique un report de 6 ans sur l’ensemble des revenus ; la durée de report sur les revenus fonciers figure dans une source tronquée, je ne l’avance donc pas ici. Vérifiez-la sur la notice de la déclaration 2044 avant de planifier l’étalement de vos travaux.

Ce qui change en 2026 : le plafond doublé prolongé jusqu’à fin 2027

La loi de finances pour 2026 a prolongé jusqu’au 31 décembre 2027 le doublement du plafond de déficit foncier pour certains travaux de rénovation énergétique. Pour les logements énergivores rénovés, le plafond d’imputation peut ainsi atteindre 21 400 € par an, au lieu de 10 700 €.

Concrètement, la fenêtre court jusqu’à fin 2027 : un propriétaire qui hésite à lancer une rénovation énergétique lourde a deux années de visibilité pour caler son calendrier. Limite à garder en tête : le périmètre exact des travaux et des logements éligibles n’est pas détaillé dans les éléments disponibles. Vérifiez l’éligibilité de votre bien et de vos travaux avant d’engager les dépenses, et non après. Les chantiers d’isolation et de chauffage sont par ailleurs ceux qui ouvrent souvent droit à des aides, comme le détaille l’exemple des aides à la rénovation énergétique en Nouvelle-Aquitaine.

Les trois points qui fixent votre décision

Avant de déclarer, vérifiez : que le logement est bien loué nu ; que vos charges totales dépassent ou non 30 % de vos loyers, sachant que l’option pour le réel vous engage 3 ans ; et que vos travaux relèvent de la réparation, de l’entretien ou de l’amélioration, et non de la construction ou de l’agrandissement.