Hanoï lance les travaux du Centre des industries culturelles Đồng Xuân – Bắc Qua dans le vieux quartier

Début des travaux de construction d'un centre des industries culturelles dans le vieux quartier de Hanoï

Le 8 octobre 2026, le Comité populaire du quartier de Hoàn Kiếm a officiellement mis en chantier les travaux de rénovation des bâtiments situés au 17 rue Nguyễn Thiện Thuật et au 40 rue Thanh Hà, dans le vieux quartier de Hanoï. L’objectif : transformer ces deux sites en un pôle des industries culturelles baptisé Centre Đồng Xuân – Bắc Qua. La cérémonie a été couverte par Vietnam News, VietnamPlus, Nhân Dân et Dân Trí.

Du bâti existant dans un tissu contraint

Les travaux portent sur des bâtiments déjà en place, non sur une opération de construction neuve. C’est la première distinction que doit garder en tête tout professionnel du secteur : on est ici dans une logique d’intervention sur du bâti ancien, en milieu urbain dense, avec les contraintes d’accessibilité de chantier, de coactivité et de voisinage que cela implique systématiquement dans un quartier comme Hoàn Kiếm.

Ce qui reste à établir – et ce qui changera radicalement la lecture technique du projet – c’est la nature exacte des interventions retenues. Restauration à l’identique, réhabilitation adaptative ou restructuration lourde avec maintien des façades : chaque option commande des méthodes, des délais et des budgets différents. Le statut patrimonial officiel des deux bâtiments, s’il est établi, conditionne de son côté le cadre réglementaire applicable et les marges de manœuvre laissées aux intervenants. Ces informations ne sont pas encore disponibles dans les sources consultées.

Greffer un programme culturel sur un quartier commerçant historique

Le secteur Đồng Xuân – Bắc Qua est l’un des noyaux marchands les plus anciens de Hanoï, directement adossé au marché Đồng Xuân, qui structure ce tissu depuis la fin du XIXe siècle. Y implanter un programme d’industries culturelles, c’est opérer une reconversion fonctionnelle sur un site à forte identité économique et sociale – un exercice que les professionnels de la réhabilitation patrimoniale connaissent bien pour ses arbitrages délicats : comment adapter les volumes existants à de nouveaux usages sans effacer ce qui fait l’intérêt du lieu ?

La question de la greffe programmatique est souvent sous-estimée dans les projets de ce type. Un bâtiment de commerce ou d’entrepôt reconverti en espace de création ou de diffusion culturelle suppose des adaptations acoustiques, de flux, de lumière naturelle et d’accessibilité qui peuvent entrer en tension directe avec les contraintes patrimoniales. Sans information disponible sur le programme intérieur détaillé ni sur les bureaux d’études mandatés, il est trop tôt pour évaluer comment ces arbitrages ont été tranchés.

Un calendrier délibérément symbolique

La cérémonie a eu lieu deux jours avant le 72e anniversaire de la Libération de Hanoï, fixé au 10 octobre 1954. Ce n’est pas un détail administratif : dans les projets de réhabilitation publique à forte charge mémorielle, le calendrier de lancement est un signal politique. Il dit les priorités du maître d’ouvrage, oriente la communication institutionnelle et, parfois, pèse sur le phasage réel des travaux – les jalons visibles devant coïncider avec des dates significatives.

Pour un professionnel qui suit ce type de chantier à distance, ce paramètre aide à lire les annonces futures : une livraison partielle calée sur une date anniversaire sera vraisemblablement présentée comme un objectif structurant, qu’il conviendra de distinguer du calendrier technique réel.

Ce qui mérite une veille

Trois informations manquantes détermineront la portée réelle de ce projet pour le secteur :

  • Le statut patrimonial des bâtiments des rues Nguyễn Thiện Thuật et Thanh Hà – classés ou non, protégés à quel titre -, qui fixe le cadre réglementaire et les contraintes imposées aux intervenants.
  • La nature exacte des interventions retenues – restauration, réhabilitation adaptative ou restructuration partielle -, qui détermine si ce chantier relève strictement de la réhabilitation patrimoniale ou d’une opération plus hybride.
  • La confirmation que les travaux portent bien sur les bâtiments eux-mêmes et non principalement sur les espaces publics extérieurs, ce qui changerait l’angle de lecture pour les professionnels du bâtiment.

Tant que ces éléments ne sont pas publics, le projet mérite une veille ciblée plutôt qu’une analyse approfondie.