Quand on tape « bar en 101 » dans un moteur de recherche, on n’est pas forcément en quête de la même chose.
Pour beaucoup, c’est la fiche administrative CEE qui débloque une prime pour l’isolation des combles – un document clé dans le parcours de rénovation énergétique.
Pour d’autres, c’est une question de physique : combien font 101 kPa, 101 psi ou 1 013 hPa exprimés en bars ? Les deux ont leur légitimité, et les deux méritent une réponse claire. Cet article les traite séparément, sans mélanger les genres.
Qu’est-ce que le BAR-EN-101 ?
C’est d’abord un code, et ce code se lit comme une adresse. BAR signifie Bâtiment résidentiel – logements individuels et copropriétés confondus. EN désigne l’enveloppe du bâtiment, autrement dit sa toiture.
Et 101 est simplement le numéro de l’opération : isolation des combles et rampants. Le 102, c’est les murs. Le 104, les fenêtres.
Concrètement, la fiche BAR-EN-101 est une fiche d’opération standardisée établie dans le cadre du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE).
Elle fixe les conditions techniques et administratives à respecter pour qu’un propriétaire ou une copropriété puisse recevoir une prime énergie après des travaux d’isolation des combles perdus ou des rampants de toiture.
Pour être éligible, le bâtiment doit exister depuis au moins deux ans à la date d’engagement des travaux. Ni plus, ni moins.
Et selon les données de l’ADEME, jusqu’à 30 % des déperditions thermiques d’un logement construit avant 1974 proviennent du toit – ce qui fait de cette isolation l’un des investissements les plus rentables en rénovation énergétique.
Quelle version de la fiche BAR-EN-101 est en vigueur ?

C’est là que beaucoup de gens se perdent – et c’est compréhensible. La fiche évolue régulièrement avec les arrêtés modificatifs successifs, ce qui génère des références comme A39-4, A54-5 ou A64-6 dans les recherches.
Depuis le 1er janvier 2025, la version applicable est la BAR-EN-101 vA64.6. Les références antérieures (A39-4 issue du 39e arrêté, A54-5 issue du 54e) ne sont plus valables pour les nouveaux dossiers engagés après cette date.
Si un professionnel vous soumet un formulaire portant une ancienne version, c’est un signal d’alerte. La version officielle est publiée sur le site du ministère de la Transition Écologique (ecologie.gouv.fr) et accessible via le calculateur CEE de l’ADEME.
La date d’abrogation prévue de la version actuelle est fixée au 1er mai 2027 – vous avez donc de la marge, mais mieux vaut ne pas attendre le dernier moment pour monter un dossier.
Quelles sont les conditions techniques à respecter ?
La fiche impose des seuils de performance thermique précis selon la configuration des combles. Il existe deux cas de figure :
- Combles non chauffés (combles perdus) : isolation du plancher des combles. La résistance thermique R de l’isolant doit être supérieure ou égale à 7 m².K/W.
- Combles chauffés (combles aménagés) : isolation des rampants de toiture. Le seuil minimal est de 6 m².K/W.
L’isolant choisi doit être certifié selon l’une des normes NF EN 12664, NF EN 12667 ou NF EN 12939 pour les isolants classiques, ou NF EN ISO 22097 pour les isolants réfléchissants. Ces normes garantissent que les valeurs de résistance thermique annoncées sont bien réelles.
Selon la configuration, des aménagements complémentaires peuvent être requis : pare-vapeur si l’humidité risque d’endommager l’isolant, coffrage autour des conduits de fumée et des spots encastrés, et rehausse rigide au-dessus de la trappe d’accès.
Ces détails sont souvent négligés mais peuvent invalider un dossier CEE s’ils ne sont pas mentionnés dans les justificatifs.
La visite technique préalable : obligatoire, pas facultative

C’est le point qui fait le plus trébucher les dossiers, et pourtant il est non négociable. Avant même d’établir un devis, le professionnel RGE doit réaliser une visite du bâtiment.
Cette visite sert à valider que les travaux envisagés sont techniquement compatibles avec l’état réel des combles – présence d’humidité, accessibilité, ponts thermiques à traiter.
La date de cette visite doit obligatoirement figurer dans les documents justificatifs du dossier CEE. Si elle est absente, le dossier est recalé. C’est aussi simple que ça.
Autre délai à respecter : un minimum de sept jours francs doit s’écouler entre la date d’acceptation du devis et le début effectif des travaux. Ce délai de réflexion protège le particulier et conditionne l’éligibilité à la prime.
Et bien sûr, le professionnel qui réalise l’opération doit être titulaire du label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) – sans quoi aucune aide n’est possible.
Comment est calculée la prime CEE avec cette fiche ?
Le montant de la prime dépend de deux variables : la zone climatique du logement et la surface d’isolant posé. Le résultat s’exprime en kWh cumac – une unité qui représente le cumul actualisé d’économies d’énergie sur la durée de vie estimée de l’isolation.
Les valeurs vont de 920 à 1 700 kWh cumac par m² selon que vous êtes en zone H1 (Nord, Bretagne, Normandie), H2 (Centre, Alsace) ou H3 (Sud, façade méditerranéenne).
Exemple concret : une maison en zone H1 avec 100 m² de combles perdus à isoler génère 170 000 kWh cumac. Au tarif moyen de 0,025 €/kWh cumac, cela représente une prime d’environ 4 250 €.
Depuis janvier 2025, les montants des primes ont baissé d’environ 15 % en moyenne. Cette diminution s’accompagne d’une harmonisation avec MaPrimeRénov’, ce qui rend les deux dispositifs plus cohérents entre eux.
La prime CEE reste cumulable avec MaPrimeRénov’ Copro pour les copropriétés, qui peut couvrir jusqu’à 45 % des travaux plafonnés à 25 000 € par logement.
Chaque opérateur CEE applique son propre tarif par kWh cumac – comparer plusieurs offres avant de signer reste fortement conseillé.
101 kPa, 101 psi, 1 013 hPa : combien en bars ?

Pour ceux qui cherchent les conversions de pression plutôt que la fiche administrative, voici la logique de base. Le bar est une unité de pression très répandue en Europe, notamment pour les pneus, les compresseurs et la plongée.
1 bar vaut exactement 100 000 pascals, soit 100 kPa. La conversion est donc simple : on divise les kilopascals par 100.
Le bar est très proche de la pression atmosphérique standard, qui vaut 101 325 Pa – soit 1,01325 bar au niveau de la mer. Ce chiffre revient souvent car c’est la référence de tous les bulletins météo.
| Valeur | Équivalent en bar |
|---|---|
| 101 kPa | 1,01 bar |
| 101,325 kPa (pression atmosphérique) | 1,01325 bar |
| 101,3 kPa | 1,013 bar |
| 101 psi | environ 6,96 bar |
| 1 013 hPa | 1,013 bar |
| 1 013 mbar | 1,013 bar |
| 1 015 hPa | 1,015 bar |
| 1 010 hPa | 1,010 bar |
Quelques repères utiles. Les valeurs autour de 1 013 hPa qu’on voit souvent sur les cartes météo correspondent à la pression atmosphérique de référence – environ 1,013 bar, celle d’un jour ordinaire au niveau de la mer.
Une pression de 1 015 hPa indique un léger anticyclone, 1 010 hPa une dépression naissante.
101 psi est un cas à part : ce n’est plus la pression de l’air ambiant, c’est une pression bien plus élevée – environ 6,96 bars – typique des compresseurs industriels ou de certaines bouteilles de gaz.
À ne pas confondre avec les valeurs atmosphériques. Pour convertir rapidement : kPa ÷ 100 = bar, hPa ÷ 1 000 = bar, et psi × 0,0689 = bar.
Le hectopascal (hPa) et le millibar (mbar) sont d’ailleurs équivalents – 1 hPa = 1 mbar – ce qui explique pourquoi 1 013 mbar et 1 013 hPa donnent exactement la même valeur en bars.
Que vous soyez venu chercher la fiche pour vos travaux d’isolation ou juste convertir une pression de compresseur, les deux sujets ont au moins une chose en commun : une formule simple suffit, à condition de savoir laquelle appliquer.